Un regard sur la naturopathie

Brune Vannier Moreau est naturopathe, une pratique de santé aux méthodes naturelles qui vise à faire de la prévention, notamment par une alimentation saine et une bonne hygiène de vie, afin « d’optimiser la santé physique et psychique d’une personne« . C’est une approche holistique, qui prend en compte le corps et l’esprit, en aidant notamment à « la gestion du stress, des émotions, avec des plantes, des techniques de respiration, de relaxation… » . Un peu comme la médecine chinoise, l’idée étant d’être attentif à sa santé tout au long de l’année, afin que la maladie ne se déclare pas ! Lors de cet entretien, nous évoquons les bases de la naturopathie, pourquoi le sucre est notre pire ennemi, les bons réflexes à adopter et en quoi l’éducation à l’alimentation est primordiale !

  • La naturopathie c’est avant tout de la prévention de santé?
    Oui, l’idée est d’optimiser les forces vitales, de guérison, pour ne pas tomber malade. La naturopathie est une discipline visant à faire de la prévention et à se maintenir en bonne santé, en éliminant les surcharges, en limitant les carences, par une nourriture saine et adaptée, une bonne hygiène de vie, de l’exercice physique et une bonne gestion du stress. Elle peut également aider à ce que des traitements médicamenteux soient mieux supportés, en s’occupant du foie par exemple, en faisant un jeûne alimentaire, en s’aidant des plantes. C’est une aide précieuse pour tous les problèmes digestifs, sur lesquels on n’a pas toujours une réponse allopathique, ou les troubles du sommeil. On peut aider les douleurs et les inflammations en général, toutes les maladies auto-immunes, les douleurs articulaires, osseuses, les maux de têtes, les problèmes féminins (syndromes pré menstruels, ménopause, endométriose). C’est très large. A chaque fois, la base est la même, on aide à lutter contre l’inflammation et à faire en sorte que le corps se défende lui même.
  • La naturopathie a une approche holistique. Il y a un lien entre des maladies où le corps s’exprime et des causes en partie psychologiques et émotionnelles. Comment la naturopathie aborde cela ?
    On l’aborde vraiment avec ce second cerveau, les intestins ! La naturopathie en parle depuis longtemps, on trouve aujourd’hui des livres sur le sujet, de plus en plus de médecins l’étudient. En travaillant sur le corps, le système digestif, les intestins, on travaille indirectement sur le cerveau, et donc sur le bien être, sur la sérotonine, l’hormone du bonheur. Cela a des effets sur la dépression, la fatigue… A l’inverse, quelqu’un qui est tout le temps angoissé, souvent dépressif, ou stressé, peut avoir une digestion qui s’accélère ou qui s’arrête. Ce lien, on le vit tous. Comment la naturopathie le traite? Si une personne vient me voir pour me dire qu’elle a mal au ventre, je vais aussi lui demander quel est son état psychique, si elle est stressée, si elle dort bien, si elle arrive à lâcher au niveau du travail, et ne pas avoir un petit vélo qui pédale en permanence. Les deux vont de pair. En cela, on a une vision très différente de la médecine allopathique, qui guérit le symptôme – on a mal quelque part, on vise l’endroit avec des médicaments. La naturopathie, par son côté préventif, va vraiment essayer de chercher la cause sans se focaliser uniquement sur l’endroit douloureux.

  • Quels sont les gestes basiques que vous conseillez pour faire de la prévention de santé grâce à la naturopathie ?
    Il y en a plusieurs. D’abord l’alimentation: manger le plus brut possible, en privilégiant le cru. Parce que plus on cuit, plus on perd en vitamines et minéraux, manger bio si possible, éviter le sucre. C’est vraiment le sucre l’ennemi et non pas le gras comme on l’a cru pendant longtemps. Le gras peut être essentiel, si c’est du bon gras. Faire du sport, s’oxygéner, et respecter un rythme circadien: aller dehors dans la journée, prendre le soleil ou en tout cas la lumière du jour pour pouvoir sécréter la sérotonine, l’hormone du bien être, et la mélatonine le soir, pour pouvoir plus facilement dormir. Ensuite, la relaxation, certaines techniques de respiration sont un très bon outil que je conseille, qui permet de calmer un peu son système nerveux. Et puis un des compléments alimentaires presque indispensable l’hiver, c’est la vitamine D, nous en sommes tous carencés, c’est la vitamine de l’immunité qu’on sécrète avec le soleil.

  • Vous dites que le sucre est notre pire ennemi. Pouvez vous expliquer pourquoi plus précisément ?
    Le sucre est omniprésent dans notre alimentation. On en trouve dans les confiseries, les pâtisseries mais aussi dans les plats industriels, la charcuterie… La notion de sucres lents et rapides est obsolète, on parle maintenant d’indice glycémique (IG), une mesure qui indique la capacité d’un aliment à élever le taux de sucre dans le sang. Avant, par exemple, on considérait le pain comme un sucre lent. Maintenant on sait que quand on mange du pain blanc, c’est comme si nous croquions dans un morceau de sucre, son IG est très élevé! En mangeant un tel aliment, notre taux de sucre dans le sang va augmenter brutalement. Notre corps va alors produire une hormone appelée insuline, dont le rôle est de baisser ce taux de sucre. Plus on mange des aliments à IG élevé, plus la dose d’insuline sera forte, et plus la glycémie va baisser par la suite… Le résultat s’ appelle une hypoglycémie réactionnelle : quelques heures après avoir mangé un aliment à IG élevé, vous aurez un coup de barre et des envies compulsives de manger du sucre. Voilà pourquoi il est fréquent d’entendre que le sucre appelle le sucre ! Mon conseil est de l’éviter au maximum en se contentant du sucre des fruits et éventuellement d’un peu de miel. Pour les glucides complexes comme le pain, les pâtes, le riz, préférez toujours leur version complète : en effet, les fibres permettent de faire baisser leur indice glycémique.

  • Est-ce que prendre des compléments alimentaires et des vitamines est une des bases de sa santé?
    Oui, ça l’est malheureusement… On espérait pouvoir bien se nourrir et tout couvrir, mais malheureusement aujourd’hui les sols sont très appauvris. L’idée est d’apporter un maximum par l’alimentation et de compléter si besoin, avec des compléments alimentaires comme du magnésium, de la vitamine C, et de la vitamine D dont on manque souvent.

  • Pourquoi manque-t-on d’éducation et de connaissances par rapport à l’alimentation ?
    Je pense que les lobbys sont à prendre en compte. Prenons en exemple les nutriscores, ou toutes les avancées destinées à faire progresser l’alimentation, ce sont à chaque fois d’énormes combats, car toute l’industrie agro alimentaire est derrière et ça ne les arrange pas de dire de manger moins sucré, d’éviter les colorants, les additifs, les conservateurs. Je pense que leur lobby est très fort. Malgré cela, plein de choses avancent. Par contre, on a du retard comparé à d’autres pays, on a du mal à reconnaître les médecines parallèles. Dans les pays du Nord, les naturopathes marchent main dans la main avec les médecins, les deux professions sont complémentaires! Toutefois, une réelle prise de conscience sur l’importance d’une alimentation saine et bio sur la santé commence à se faire sentir. De nombreuses cantines scolaires commencent à revoir leurs menus et proposent de plus en plus de produits bio. Il est primordial d’éduquer les enfants dès leur plus jeune âge sur les bienfaits d’une alimentation saine et variée et la façon dont cela influe sur leur santé et leur vitalité !

Site Internet de Brune Vannier Moreau : https://www.vannier-moreau-naturopathe.fr/